Non au « Pacte budgétaire » et à l’Europe punitive, oui à une Europe solidaire !

Déclaration du collectif pour un audit citoyen de la dette publique

Au sommet européen des 1er et 2 mars 2012, vingt-cinq des vingt-sept pays de l’Union vont adopter le « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire », appelé aussi « Pacte budgétaire ». Pour faire taire les critiques ils annonceront en même temps des « initiatives fortes » pour relancer la croissance. Mais aucun effet d’annonce ne pourra masquer le caractère purement punitif de ce nouveau traité qui condamne l’Europe à sacrifier durablement les investissements publics, l’emploi et la transition écologique.

« Il est rare dans l’histoire de l’Union européenne que l’on réussisse à boucler un nouveau traité en six semaines », a souligné Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe. Décidé en effet dans l’urgence sous la pression des agences de notation, ce Pacte budgétaire ne prévoit rien pour réduire le pouvoir de la finance ou approfondir les solidarités entre peuples européens. La « règle d’équilibre budgétaire » – la prétendue « règle d’or » – corsète durablement les politiques économiques en Europe :

  • les budgets des États signataires devront à l’avenir « être à l’équilibre ou présenter un excédent » ; outre l’interdiction de tout déficit supérieur à 3% du PIB même en cas de sévère récession, le déficit structurel (c’est-à-dire calculé en éliminant l’effet de la conjoncture économique) ne pourra pas dépasser 0,5% du PIB ;
  • si un pays s’écarte de cet objectif, un « mécanisme automatique de correction sera déclenché automatiquement », c’est-à-dire sans débat démocratique, pour réduire le déficit ;
  • les pays dont la dette publique dépasse 60% du PIB, devront la réduire chaque année de 1/20 ;
  • la « règle d’équilibre budgétaire » devra être inscrite dans la loi nationale, « de préférence constitutionnelle »
  • tout pays qui ne respectera pas la règle sera automatiquement soumis à une sanction, sauf vote contraire d’une majorité qualifiée du Conseil européen, vote auquel le pays accusé n’aura pas le droit de participer.

Dans une Europe de plus en plus soumise à la pression des marchés financiers, l’adoption du Pacte budgétaire contraindrait les États à des politiques d’austérité sans limite, condamnant les peuples à un avenir de chômage et de précarité. Innovation majeure dans l’histoire des traités européens : pour empêcher qu’un pays réticent ne retarde sa mise en œuvre, il entrera en application dès que douze pays l’auront ratifié, et au plus tard le 1er janvier 2013.

Ce Pacte budgétaire renforce les dérives antisociales et antidémocratiques de la construction européenne, illustrées par la purge féroce et absurde infligée au peuple grec. Il bloque toute perspective de relance des créations d’emploi et de transition écologique. Il suscitera des luttes sociales et citoyennes légitimes mais fera aussi le jeu des démagogues nationalistes et xénophobes. Il menace donc gravement l’avenir des solidarités européennes.

Sa ratification ne peut pas être le fait d’une représentation parlementaire soumise à la pression des marchés. L’adoption du Pacte budgétaire marquerait un recul décisif de la démocratie en France et en Europe : nous exigeons un vrai débat démocratique sur la dette publique, les alternatives à l’austérité et une nouvelle construction européenne. Les peuples doivent être consultés sur une décision qui engage aussi lourdement leur avenir.

En France, le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique appelle tous les citoyens à se mobiliser dans leurs quartiers, leurs villages, leurs lieux de travail, pour construire ensemble ce débat. Dès ce 29 février nous nous joindrons aux manifestations organisées par les syndicats à l’appel de la CES. Dans la semaine du 5 au 10 mars nous appelons chacun à se joindre aux initiatives des collectifs locaux pour l’audit citoyen afin d’exprimer notre opposition à ce traité et d’imposer un véritable débat ; une réunion publique des collectifs de la région Ile de France se tiendra le 5 mars à la Bourse du travail rue Charlot.

Collectif pour un audit citoyen de la dette publique (www.audit-citoyen.org)

5 réflexions au sujet de « Non au « Pacte budgétaire » et à l’Europe punitive, oui à une Europe solidaire ! »

  1. Une fois voté, le MES aura tout pouvoir sur les états. Ce ne sera même plus la peine de voter puisque ceux qui seront élus auront pieds et poings liés. Le « Pacte » pour la stabilité économique porte bien son nom. On rejoue Faust ou quoi ? Mais pourquoi attendre le 29 février ? Le vote sera ratifié par le Sénat depuis la veille et il sera trop tard. C’est à cette Europe là qu’on avait dit non lors d’un certain référendum, vu le joli fauteuil qu’ils s’en sont fait, comment croire qu’un audit sur la dette publique portera son effet ?

  2. Ben, il fallait bien que ça arrive , les politicards sont aussi responsables que les banquiers ,ils n’ont jamais fait leur travail de controle ,parcequ’ils n’y connaissaient rien et ne voulaient pas ,ils ont donc laisser libres les soit disant spécialistes qui ont fait n’importe quoi ,mais vous ne demandez pas à punir les politicards , et vous nous demandez au contraire de les réélire , le déficit est occasionné depuis trente ans régulièrement et vous ne disiez rien ,bien content de orofiter de l’argent qui tombait ,mais il faudrait nien penser à rembourser , vous prèteriez de votre argent en sachant qu’il va çetre gaspillé et que vous ne serez pas rembourser ? Mais se sont nous les travailleurs ,les vrais qui vont payer ,vous avez cautionner ces dépenses depuis des années et maintenant vous nous demandez de vous soutenir pour passer l’éponge ,qu’avez-vous fait ces dernières années ,pour prévenir de ce qui risquait d’arriver à nous et nos enfants ,par votre égoïsme ,qui se trouvent dépourvus maintenant ,ils vous maudiront ,nos petits enfants haïront notre génération.

    • Si vous faisiez des recherches sur le net vous sauriez que la dette n’existe pas et qu’elle a été fabriquée de toute pièces par l’ami pompidou et giscard pour engrosser les poches leurs potes des banques privées et par la même occasion les leurs.En faisant simple: vous disposez d’un compte épargne constitué par vos propres économies, lorsque que vous vous en servez la banque vous demande des intérêts sur votre propre argent.C’est ça la dette!

    • SUITE
      Depuis 1973 la France a « remboursé » près de 1500 Milliards rien qu’en intérêts, avant le nabot nous en serions à autant d’intérêts remboursés que la valeur de la « dette ». Il suffirait un décret pour que cette arnaque cesse, naturellement son ou ses auteurs prendraient de gros risques physiques. Si on abrogeait la 73/3 la dette disparaîtrait du jour au lendemain.Tant que le peuple ne se réveille pas nous sommes en route pour l’esclavagisme et guerres civiles. Pauvres de nous!