Crise de la dette publique : testez vos connaissances !

Dette, triple A, austérité… Vous avez le sentiment que les questions sont trop compliquées, qu’elles sont réservées à des experts. Pourtant vous pensez aussi que ce n’est pas aux peuples de faire les frais d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Posons ensemble les bonnes questions, apportons-leur ensemble d’autres réponses de justice sociale et de responsabilité environnementale. C’est le sens de l’audit citoyen de la dette publique auquel nous vous proposons de participer. Un premier pas concret : remplissez ce questionnaire après l’avoir photocopié et faites le circuler autour de vous !

 Vrai ou Faux ?

 1. L’État est trop endetté parce qu’il n’a pas su maîtriser ses dépenses.

2. En « bon père de famille » l’État doit toujours chercher à équilibrer ses comptes en faisant des économies: la « règle d’or » pour la réduction des déficits, c’est le bon sens.

3. Chaque année, les intérêts de la dette publique absorbent la totalité des recettes de l’impôt sur le revenu.

4. Si depuis dix ans tous les pays européens avaient imité l’Allemagne, l’Europe irait bien mieux.

5.  En instaurant la « règle d’or », le nouveau traité européen proposé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy va rassurer les marchés financiers et résoudre la crise.

6. La BCE (Banque centrale européenne) prête aux banques à 1%, les banques reprêtent aux États à 3%, voire bien plus, et empochent la différence.

7. Si la Banque centrale prêtait directement aux États, ça provoquerait de l’inflation.

8. Après avoir sauvé les banques à coût de milliards en 2009, les dirigeants européens et le G20 n’ont rien fait pour qu’elles arrêtent de spéculer.

9. La rigueur est inéluctable, l’important est qu’elle soit équitable et frappe aussi les riches.

10. Il faut d’abord réduire la dette publique par la rigueur, on pourra ensuite relancer l’économie pour créer des emplois.

Pour chaque question, choisissez Vrai ou Faux, puis lisez la réponse au dos.

  • Si vous avez 9 ou 10 réponses justes : bravo ! vous avez fait l’effort de vous informer ailleurs qu’au journal de 20 h. Faites en profiter vos amis, collègues et voisins, en les emmenant débattre avec le collectif pour un audit citoyen de la dette publique.
  • Si vous avez entre 5 et 8 réponses justes : bravo ! c’est un bon début, vous pouvez encore perfectionner vos connaissances en vous mobilisant avec le collectif pour un audit citoyen de la dette publique.
  • Si vous avez moins de 5 réponses justes : bravo ! vous allez avoir la chance d’apprendre plein de choses intéressantes et inattendues en agissant avec le collectif pour un audit citoyen de la dette publique. 

1. L’État est trop endetté parce qu’il n’a pas su maîtriser ses dépenses.

FAUX : la part des dépenses publiques dans le PIB (la richesse nationale) était de 53% en moyenne dans les années 1990, elle a stagné à ce même niveau dans les années 2000. Malgré des besoins en augmentation, les prestations sociales et les services publics ont été rognés. Les vraies causes de l’envolée de la dette… il faut les chercher du côté des cadeaux fiscaux et de la crise provoquée par la finance.

2. L’État doit gérer son budget en « bon père de famille » et toujours chercher à équilibrer ses comptes en faisant des économies : la « règle d’or » est du simple bon sens.

FAUX : contrairement à un père ou une mère de famille, l’État peut décider d’augmenter ses recettes en augmentant les impôts ; en outre – cette fois comme un ménage – il a intérêt à s’endetter pour financer des investissements d’avenir.

3. Chaque année les intérêts de la dette publique absorbent la totalité des recettes de l’impôt sur le revenu.

VRAI : Les intérêts versés aux créanciers, majoritairement des institutions financières étrangères, s’élèvent à 50 milliards d’euros, tout comme le produit de l’impôt sur le revenu des personnes physiques.

4. Si depuis dix ans tous les pays européens avaient imité l’Allemagne, l’Europe irait bien mieux.

FAUX : l’Allemagne est le seul pays européen qui a diminué ses salaires depuis 10 ans. Elle a  exporté son chômage grâce à un énorme avantage compétitif. Si les autres pays européens avaient fait pareil, la consommation se serait effondrée en Europe, le chômage, les emplois précaires et les déficits auraient explosé.

5.  En instaurant la « règle d’or » le nouveau traité européen proposé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy va rassurer les marchés financiers et résoudre la crise.

FAUX : L’austérité ne rassure pas les peuples, ni même les marchés financiers ! Car tout le monde voit qu’elle provoque la récession et aggrave au bout du compte les déficits et la dette.

6. La BCE (Banque centrale européenne) prête aux banques à 1%, les banques reprêtent aux États à 5% et empochent la différence.

VRAI : en effet le traité de Maastricht interdit à la BCE de financer directement les déficits publics ; pour acheter des titres de la dette publique, la BCE doit les racheter aux banques. Celles-ci prêtent aux États à 3% (France), 6% (Espagne), 7% (Italie), 12% (Portugal)…

7. Si la Banque centrale prêtait directement aux États ça provoquerait de l’inflation.

Malheureusement FAUX : dans une période de chômage de masse, les prix et les salaires stagnent. C’est d’ailleurs dommage car un peu d’inflation serait utile pour soulager le poids de la dette.

8. Après avoir sauvé les banques à coût de milliards en 2009, les dirigeants européens et le G20 n’ont rien fait pour qu’elles arrêtent de spéculer.

VRAI : tout continue comme avant : la spéculation sur les produits dérivés, notamment les fameux CDS (assurances contre le non remboursement de sa dette par un État) ; l’évasion dans les paradis fiscaux ; les distributions de bonus et de dividendes… La « moralisation du capitalisme » n’était qu’un mot creux.

9. La rigueur est inéluctable, l’important est qu’elle soit équitable et frappe  aussi les riches.

FAUX : pour réduire le fardeau de la dette, il y a d’autres politiques possibles : la monétisation (par achat direct de titres de la dette publique par la Banque centrale européenne), l’inflation, la taxation des intérêts, l’annulation de la partie illégitime de la dette, un prélèvement exceptionnel sur les grandes fortunes… C’est au débat démocratique d’en décider, pas aux financiers.

10. Il faut d’abord réduire la dette publique par la rigueur, on pourra ensuite relancer l’économie pour créer des emplois.

FAUX : les politiques d’austérité sont en train d’enfoncer l’Europe dans la récession sans parvenir à réduire la dette. Elles visent en fait à réduire non pas la dette mais les conquêtes sociales et les services publics. Elles bloquent les investissement de long terme urgents pour créer des millions d’emplois, répondre aux besoins (petite enfance, dépendance, etc.) et initier la transition écologique sans laquelle nous irons dans le mur.

5 réflexions au sujet de « Crise de la dette publique : testez vos connaissances ! »

  1. Ping : Kit de mobilisation sur la dette | Collectif pour un audit citoyen de la dette

  2. Ping : meeting dette jeudi 16 février 2012 | Comité d'Action AntiMondialisation Libérale de Gironde

  3. Ping : Banque Publique » CADTM – La lettre d’information de l’audit citoyen

  4. Voir aussi

    « Un QCM pour tester ses connaissances sur la dette publique »
    sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article770

    « Le QCM et l’enquête sondage comme outils d’information et d’éducation populaire sur la dette » sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article765

    « La dette : 26 diapos pour expliquer et débattre » … un diaporama complet et pédagogique,
    sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article753

  5. vive le  » M.I.R.A.C.L.E » ! quelle joie quand l’utopie d’hier devient la réalité,au moins exprimée par un nombre toujours croissant,de citoyens et gens du peuple,toujours plus nombreux…MERCI d’exister !