«Grèce: les vraies causes de la dette publique», une étude décapante

La présidente du Parlement grec, Zoé Konstantopoulou, a annoncé la création d’un comité d’audit de la dette grecque. A titre de contribution aux travaux de ce comité, le Collectif d’audit citoyen de la dette publique publie aujourd’hui  « Grèce: les vraies causes de la dette publique ». Cette étude montre qu’avant même le déclenchement de la crise, en 2007, 56% de la dette grecque pouvait être considérée comme illégitime, car provoquée par des taux d’intérêt exorbitants et des cadeaux fiscaux aux privilégiés.

Selon la vulgate économique et médiatique ordinaire, la Grèce s’est livrée à une orgie de dépenses publiques et de fraude fiscale dans les années 2000 : les déficits publics proviendraient d’une administration pléthorique, d’une difficulté à lever l’impôt et à maîtriser les dépenses. La note rédigée par Michel Husson, économiste à l’Ires, s’appuie sur les comptes nationaux de la Grèce révisés par Eurostat pour montrer que cette thèse n’est pas véritablement fondée.

Reprenant la méthode utilisée pour la dette française par le rapport 1  du Collectif pour un audit citoyen de la dette publique, l’étude conduit au résultat suivant : malgré une forte hausse de la fiscalité dans les années 1990, l’envolée de la dette grecque avant la crise est largement imputable à des taux d’intérêt extravagants (entre 1988 et 2000) et à une baisse des recettes publiques provoquée par des cadeaux et des amnisties fiscales à partir de 2000. Sans ces dérapages, elle n’aurait représenté que 45 % du PIB en 2007 au lieu de 103%.

On peut en conclure que 56% de la dette grecque acquise avant la crise était illégitime 1) parce qu’elle découlait d’une véritable ponction sur la richesse opérée par les créanciers, nationaux ou étrangers, 2) dans la mesure où la baisse des recettes publiques, due à des réductions de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur les successions et à des amnisties fiscales, a profité pour l’essentiel aux couches oligarchiques ou aux entreprises, sans retour pour la majorité du peuple grec.

Pourtant les gouvernements européens et la Troïka, menée par la Banque centrale européenne, refusent une vraie restructuration de la dette grecque. Au nom de l’impératif du remboursement de cette dette, ils exigent le maintien des politiques d’austérité rejetées par les électeurs grec. Le Collectif pour un audit citoyen appelle à manifester ce samedi 24 février partout en France devant les succursales de la Banque de France pour dire aux décideurs européens:

« non à l’austérité et le chantage européens contre la Grèce; pour un audit et une restructuration décisive des dettes publiques; pour le droit du peuple grec et des peuples européens à décider eux-mêmes de leur avenir, un avenir de solidarité et de démocratie.

1 Collectif pour un audit citoyen, Que faire de la dette ? Un audit de la dette publique de la France, 27 mai 2014.

11 réflexions au sujet de « «Grèce: les vraies causes de la dette publique», une étude décapante »

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  6. Tous les citoyens européens réalisent avec effroi que tous les gouvernements ont abandonné leurs peuples aux prédateurs (financiers, banques, multinationales, fonds de pension vautours etc, FMI, BCE Commission européenne…). Nous avons payé pour la folie spéculative des banques qui ont aggravé les déficits publiques (alors qu’il s’agit d’une dette privée) et l’austérité s’abat implacablement sur les plus faibles (salariés, retraités, chômeurs, PME,PMI etc) aucune mesure pour stopper l’hémorragie n’a été même évoquée par les dirigeants et les coupes budgétaires imposées par le tyran aveugle qu’est la troïka saignent à blanc les peuples, nos dirigeants pro-austérité (de tout bord) ont abandonné leurs peuples! Ils ne défendent plus que les intérêts insatiables de l’industrie financière (tyrannie de l’oligarchie) dont nous sommes les otages. A eux les profits gigantesques (faute de régulation), une imposition quasi nulle, une optimisation fiscale garantie, une évasion fiscale impunie, des scandales financiers monstrueux à répétition (quasi impunis) et aux contribuables, la charge insoutenable de la fiscalité! L’Europe est la grande braderie et chacun y vient faire d’excellentes affaires, toute l’économie est bradée partout voilà le vrai visage monstrueux de cette Europe, elle dévore ses enfants sans pitié! Ce n’est pas du capitalisme (en fait c’est du terrorisme financier pur et dur) et la spoliation des biens publics qui fait basculer tout un continent vers une précarité et un appauvrissement certain! Personne ne veut de cette Europe et si le nationalisme grandit partout c’est parce que les gens savent qu’ils ont été trahis!

  7. je suis Grec. nous sommes tous Grecs. Et ceux qui ne sont pas d’accord seront Grecs un jour à leur tour, malgré eux.
    Les prédateurs attaquent toujours le plus faible du troupeau. Que la Grèce était le plus faible n’était pas uniquement de leur faute. Une fois que ces prédateurs auront dépecés leur victime, il y aura un autre qui sera le plus faible. Un jour viendra le tour du pays de mes enfants. Le cible des prédateurs: le bien public, ce qui appartient aux nations, aux citoyens. leur arme: le crédit.
    Oui, ils ont déjà bien commencé, de partout. En Grèce ils en sont au stade final, si personne réagit.

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